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Hommages

Restez informé(e) en consultant cette section régulièrement. Nous y inscrivons les dernières nouvelles, les récents événements et des chroniques se rattachant à notre Maison commémorative familiale.

Hommage à Mme Lucienne SOUCY LÉVESQUE

Hommage à Mme Lucienne SOUCY LÉVESQUE

Hommage à madame Lucienne Soucy Lévesque lu par Élisabeth Boudreau, sa petite-fille, en l'église de St-Léon-le-Grand, le samedi 27 octobre 2012, jour de la célébration commémorative. Hommage à grand-maman, Grand-maman est née à Saint-Ulric. C’est accompagnée d’un garçon qu’elle fit son entrée dans cette vie, le jour de notre Fête Nationale. Ces jumeaux occupaient le dixième rang de la famille. De ces courtes années passées à Saint-Ulric, elle parlait avec enthousiasme de l’école des sœurs qu’elle a fréquentée, des pêcheurs, qui à l’époque, ramenaient du si bon poisson et des excursions pour la cueillette de petits fruits où son père les accompagnait. Puis, au milieu des années trente, sa famille déménagea à La Rédemption où le curé fondateur, le chanoine Zénon Soucy, frère de son père, attira plusieurs membres de sa famille. De cette époque, elle racontait d’heureux souvenirs. Elle aidait sa grand-mère dans les travaux ménagers du presbytère où il faisait bon se retrouver, la table n’y étant pas comparable à celle d’une famille nombreuse. C’est aussi dans cette atmosphère qu’elle a pu développer ses goûts musicaux. L’oncle curé possédait un tourne-disques et une discothèque bien garnie. C’est sûrement grâce à ce bain de culture, qu’elle put apprendre à ses enfants le merveilleux répertoire de La Bonne Chanson qu’elle fredonnait souvent. Quelques années plus tard, elle devint institutrice au rang 9 de la paroisse. C’est sûrement à cette période de sa vie qu’elle devint amoureuse de grand-papa. En effet, elle enseignait et habitait alors dans la demeure familiale de la sœur de grand-papa, qui lui, habitait la maison voisine. Quoi qu’il en soit, ils se marièrent le 11 juillet 1945 et vinrent habiter au Lac-Humqui durant onze ans. En 1956, la famille composée de cinq enfants se retrouve ici, à Saint-Léon-Le-Grand, grand-papa y ayant acquis la ferme de monsieur Henri Lefrançois. C’est là que sont nés les deux derniers de la famille. À ce moment, gérer la maison et élever les enfants furent ses principales préoccupations. Elle n’ambitionnait probablement pas de devenir mairesse de la paroisse à une époque où l’on attribuait encore aux femmes un statut de mineure. Les tâches domestiques étaient lourdes pour les femmes de cette époque qui ne possédaient pas les appareils ménagers d’aujourd’hui. Les corvées du lavage, du repassage, de la cuisine et de la couture ne l’ont cependant jamais rebutée. Elle trimait d’une étoile à l’autre. Débordante de santé, elle préférait accomplir elle-même toutes les tâches ménagères. Elle n’aimait surtout pas qu’on joue dans ses chaudrons ou qu’on utilise sa machine à coudre. À la ferme, lors des travaux de semailles ou de récoltes, elle se retrouvait avec de nombreuses personnes à la table et le service était très rapide et très apprécié. C’était une excellente cuisinière et une couturière accomplie. Ses talents à cet égard dépassaient les frontières de la famille. Ses tricots et ses broderies étaient dignes des meilleures artisanes. C’était une femme d’une grande patience et d’une grande ténacité. Femme courageuse, elle fut d’un calme exceptionnel devant les coups du sort. Ce furentt d’abord les problèmes de santé de grand-papa qu’elle soutiendra jusqu’à son dernier souffle comme elle avait su l’épauler tout au cours des trente-sept années de leur vie à deux. Quelques années plus tard, elle déjouait les plus inébranlables canons de la médecine en échappant aux métastases d’un cancer du sein de grade quatre. Auparavant, elle avait réussi à vaincre un mélanome à la joue droite qui l’avait emmenée pour la première fois sur la table d’opération. Nous lui reconnaissions un grand sens de l’humour. On aimait rire chez les Soucy. C’est d’ailleurs un trait de famille qu’elle a transmis à ses enfants parmi les autres traits de caractères ou talents qu’elle a pu léguer. Par ailleurs, malgré tous ces héritages, personne n’a pu se voir transmettre sa belle main d’écriture. Cette femme aux nombreux talents a su en faire profiter ses concitoyens. Femme de cœur, femme de tête et femme d’action, elle a toujours aimé rendre service aux autres. Bien avant d’exercer des fonctions civiques, elle savait aider. En effet, plusieurs personnes, dont des gens âgés, faisaient appel à ses services pour compléter un rapport d’impôt, un formulaire d’assurance emploi ou tout simplement pour commander des marchandises chez Eaton ou chez Dupuis frères. Ce fut une pionnière quant aux rôles exercés par les femmes. On la retrouve : • Avec madame Juliette Harvey-Lebrun, première femme à occuper le rôle de marguiller de la paroisse; • Première femme échevin et première mairesse de Saint-Léon; • Première femme à siéger à la MRC de la Matapédia et, fait inusité, en même temps que son jumeau Lucien. Elle a occupé plusieurs autres fonctions à Saint-Léon comme : • Membre du Conseil de pastorale pendant 12 ans; • Présidente de l’AFEAS de 1970 à 1975 • Secrétaire de l’UPA • Membre du Comité de surveillance de la Caisse Desjardins pendant 12 ans • Responsable bénévole de la compilation des archives de la paroisse pour la société de généalogie • Et enfin, présidente du Club de l’âge d’or. C’est avec beaucoup de ferveur qu’elle a exercé ces différents rôles auxquels elle ajoutait à l’occasion une touche personnelle en apportant des créations de sa cuisine. Ainsi, ses collaborateurs ont eu l’occasion de goûter à son pain légendaire, à son sucre à la crème ou à d’autres mignardises qu’elle aimait bien confectionner. Je ne saurais terminer ce portrait de grand- maman sans souligner ce vif intérêt qu’elle portait à la politique provinciale et fédérale. Elle suivait l’actualité de façon assidue. Femme de conviction, elle savait défendre ses opinions avec beaucoup d’ardeur, et parfois même avec fougue. On retrouve par contre chez elle certains paradoxes à cet égard. Cette fédéraliste invétérée était simultanément une admiratrice inconditionnelle de Georges Dor et de Pauline Julien. La fougueuse Melina Mercouri figurait également parmi les artistes qu’elle admirait. Au-delà des idées, elle savait apprécier l’art. Grand-maman, je suis certaine que tous ceux qui sont présents ici se joignent à moi pour te remercier de ce que tu as été et de ce que tu as accompli. À ta famille, tu as transmis des valeurs qui représentent un héritage inestimable pour affronter la vie dans les bons comme dans les plus durs moments. À tes concitoyens, tu as donné de ton temps, de tes habiletés, de ton amitié et de ta joie de vivre. Aux différentes étapes de ce parcours, tu as su être humaine à la manière de ce que St-Exupéry appelle «être homme». Je me permets donc de citer ce beau passage de Terre des hommes qui résume bien ce que peut être une vie au service des autres. Je te le dédie en même temps que je l’offre à tous ceux qui nous accompagnent dans notre deuil aujourd’hui, ce qui manifeste bien qu’ils partagent cette façon d’être humain. «Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte face à une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir en posant sa pierre, qu’on contribue à bâtir le monde» Au revoir et encore merci grand maman.


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