Hommage rédigé par sa sœur Suzanne et lu par sa sœur Noëlline lors de la célébration commémorative en l'église de Saint-René.
Je me joins aujourd'hui à ta mère Georgianne, ton épouse Jacqueline, ta fille Suzie, son conjoint Jacques et leurs enfants : Guillaume, Maxime et David, ta fille Josée, son conjoint Ronald, ses enfants Alexandre et Myriam, ton fils Pascal, sa conjointe Mélanie, leurs enfants : Lysandre, Xavier et Alexis, ainsi que les conjointes de tes petits-enfants : Andréanne, Cynthia et Vanessa, sans oublier tes quatre arrière-petits-enfants : Édouard, Isaac, Henri et Éliot, tes frères et sœurs, beaux-frères et belles-soeurs.
Nous voulons mon frère, te témoigner tout notre amour. Tu as eu une vie bien remplie. Travailleur acharné, tu as commencé très jeune comme bûcheron. tu allais faire des «runs» sur la Côte-Nord comme tu disais. À ton retour, tu ne manquais pas une occasion de gâter tes frères et sœurs plus jeunes. Quelques années plus tard, tu t'es acheté un camion pour le transport du bois et c'est de cette façon que tu as atteint la retraite.
Malgré les nombreuses heures de travail, tu trouvais toujours du temps pour ta famille, les loisirs et quelques bonnes brosses à travers tout ça. Ici, comprenez bien qu'il ne s'agissait pas de brosse à cheveux ou de coupe de cheveux à la mode dans ce temps-là. Hi que sa femme Jacqueline haïssait cette coupe. Ma mère me racontait qu'après chaque virée, le lendemain matin il était magané. En toute bonne mère qu'elle était, pour soigner son enfant, elle avait en réserve un petit 10 onces pour le remettre sur le piton.
Étant très croyant, quand il avait atteint son quota, il allait voir monsieur le curé et signait Lacordaire pour 6 mois (une promesse de ne plus boire), promesse qu'il se faisait un devoir de respecter parce que pour Réal, 4 brosses dans la même journée ça ne lui faisait pas peur. Il couchait au 2ième étage et quand il se levait après chaque sieste, il était toujours plus chaud. Jacqueline ne savait pas qu'il avait trouvé sa réserve de vin dans le grenier.
Passionné de mécanique dès son plus jeune âge, tout ce qui lui tombait sous la main pouvait servir à inventer une machine : chaîne, bout de fer, fils, il y avait quelque chose à inventer avec ça, soit : moto, camion, ski doo, snow, etc.
Si on compte en jours le nombre de fins de semaines passées dans le garage à «gosser» après le ski doo ou en courses, je ne serais pas surprise qu'il y en ait pour dix ans. Tu voulais être le meilleur et tu l'étais. Les championnats de courses à ton actif ne se comptent plus. Combien de fois j'ai entendu dire : Regardez, c'est Michaud de St-René, ou c'est Michaud du Bas-St-Laurent et même c'est Michaud du Québec, c'est tout un phénomène.
Lorsqu'on regardait une course et qu'on voulait la commenter, il fallait être très vite. Par exemple, si on reprend la phrase : Regardez, c'est Michaud de St-René, on se tournait vers la ligne de départ, on disait : regardez c'est... Il était déjà trop tard, il avait franchi le fil d'arrivée. Sa femme lui avait même acheté un autodrome pour combler sa passion pour les courses.
Et comme toute vedette, tu avais ton bodyguard en la personne de mon conjoint Magella qui t'a suivi durant toutes ces années de gloire. Tu pouvais aussi te permettre de montrer ton insatisfaction à l'occasion sans craindre de représailles, parce que mon chum inspire le respect.
Maintenant, parlons musique. Depuis ton plus jeune âge, ma mère me racontait que tu t'asseyais en indien devant les joueurs d'accordéon, le menton dans les mains et tu écoutais attentivement. Vers l'âge de 12 ans, elle t'a acheté ton premier accordéon et c'est là que tout a commencé en jouant à l'oreille comme on dit. Réal était un formidable joueur d'accordéon à piano, à pitons, et jouait aussi de l'orgue et du violon. On le demandait régulièrement dans les soirées et partout où il se présentait, c'était salle comble.
Il a transmis sa passion à ses enfants et petits-enfants qui ont tous un béguin pour la musique et qui en jouent ou chantent merveilleusement bien. Ton sens de l'humour en a fait rire plus d'un. Je ne sais pas comment tu faisais pour avoir la réplique si rapide.
Par exemple, dernièrement Réal m'a demandé de lui apporter de la saucisse et une «can» de beans à l'hôpital parce qu'il n'aimait pas leur nourriture.
Quand le médecin est arrivé, Réal lui a dit que le manger de l'hôpital n'était pas bon, il a ouvert son tiroir et lui a montré les 3 saucisses en lui disant : ça c'est bon. Le docteur lui a dit : ouais mais pas trop longtemps dans le tiroir la saucisse. Réal lui répond bien sérieusement : «non non, pas plus que trois jours».
C'est ce que je vais retenir le plus de toi. Jusqu'à la dernière minute de ta vie, mes visites à l'hôpital étaient une thérapie pour moi, tu me faisais tellement rire. Dimanche soir, Suzie et moi sommes sorties de l'hôpital le cœur joyeux malgré ton état parce que tu trouvais toujours le moyen de nous réconforter. C'est la dernière fois que je t'ai parlé et c'est le plus beau souvenir que je vais garder dans mon cœur.
Pour raconter une histoire vécue, il n'avait pas son pareil pour qu'elle soit captivante et même si je l'avais entendue à maintes reprises, j'étais toujours accrochée à ses lèvres.
Parlons maintenant de tes amis. Moi, je dis toujours que les vrais amis se comptent sur les doigts d'une main. Mais, parce qu'il y a un mais, tu es l'exception qui confirme la règle. Te amis se comptent par dizaines et ils te sont toujours restés fidèles depuis des années.
Je l'ai bien vu dans les derniers mois de ta vie et je les en remercie. Par contre, j'ai un merci spécial pour ton gendre Jacques et ton neveu Pierre que tu considérais comme ton fils, qui sont retenus par leur travail et qui sont seuls pour vivre leur peine.
Je tiens aussi à remercier Guy ainsi que Lucien et Micheline qui étaient présents à chaque jour à l'hôpital, à Gilles Brazeau ainsi que Steve Lefrancois et sa conjointe pour leur aide précieuse et leur soutien.
Merci à toute l'équipe de la Maison funéraire Rouleau, particulièrement mon conjoint Magella et à André Fournier qui était un des grands chums à Réal.
Mon plus gros merci va à Josée, sa fille, qui a pris sur ses épaules une décision très difficile afin d'apaiser la peur que Réal avait de nous quitter.
Le dernier regard que tu as eu de ton père, garde en mémoire que c'était un regard d'amour. Tu es parti tout doucement main dans la main avec ta fille Suzie en lui faisant un petit clin d'œil et ne t'inquiète surtout pas pour ton snow, Pascal l'a «shiné» et il va s'en occuper comme la prunelle de ses yeux. Des anecdotes, il y en aurait pour faire un livre de mille pages mais je m'arrêterai ici afin de pouvoir les raconter à ta place mais sûrement pas à ta manière car je n'ai pas ce talent.
Réal mon fils,
Réal mon amour,
Réal mon papi,
Réal mon arrière-papi,
Réal mon ami,
Réal mon frère,
Tu es parti physiquement pour rejoindre ton père et ta fille Diane, mais dans nos cœurs tu y resteras à jamais. Tu es une légende et les légendes ne meurent pas, elles sont éternelles...
ON T'ADORE
BON VOYAGE MON FRÈRE,
Suzanne
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