Textes lus lors de la célébration commémorative qui a eu lieu en l'église de Saint-Ulric, le 13 octobre 2013.
HOMÉLIE DU PÈRE RÉAL LÉVESQUE, p.m.é., frère du défunt
Perdre un être cher :
- comme épouse et je pense ici à Claudette
- comme papa et je pense ici à Mathieu
- comme belle-fille et je pense ici à Valérie
- comme grand-papa et je pense ici à Mattys et Olivier
Perdre un être cher :
- en tant que maman et je pense ici à maman ;
- en tant que frère et soeur et je pense ici à Réginald, moi-même et France
Perdre un être cher en tant que parent, collègue de travail et ami, c'est un événement qui est douloureux et c'est normal que nous ayons de la peine, une peine d'autant plus grande car nous savons qu'avant de rejoindre JÉSUS dans la maison de notre Père des Cieux, il a souffert énormément dans tout son être et courageusement, constamment appuyé par la meilleure infirmière au monde, sa Claudette. Claudette, tu mérites une bonne main d'applaudissements au nom de maman, Réginald, France et moi-même.
Bien chers parents et amis, avec le départ de Denis, force nous est de constater que la vie humaine de toute personne a un commencement et a une fin sur cette planète terre, autant pour lui que pour nous. Denis, fils de feu Anicet Lévesque et d'Ernestine Desrosiers, est né le 26 septembre 1950, un peu avant minuit et Daniel, son jumeau, a suivi un peu après minuit, aux dires de maman. Il a grandi dans une famille de cinq : Réginald, moi-même Réal, lui-même, Daniel et France. Et dimanche dernier, le 13 octobre 2013 à l'hôpital de Matane, il a rendu son dernier souffle à Dieu, tout paisiblement.
Avec les yeux de notre foi, oui une personne a un commencement, par contre elle n'a pas de fin. Bien sûr, le coeur arrête de battre, le corps cesse de vivre, mais vous comme moi, de par notre foi, savons que ce qui donne de la valeur à quelqu'un, c'est ce qu'il porte à l'intérieur de lui-même : ses amours, ses amitiés, ses valeurs. Denis, mon frère, est quelqu'un qui avait un bon coeur, sensible, perfectionniste, qui s'est donné à fond dans le partage de ses connaissances à ses étudiants, incluant son propre fils Mathieu, en techniques d'usinage au CFP de Matane et qui a démontré une force psychique hors de l'ordinaire tout au long de son combat contre le cancer. Et cela va continuer dans l'éternité auprès de Dieu et par nous qui l'avons connu, aimé et apprécié jusqu'à son dernier souffle. »Ce qui ne se voit pas est éternel» nous a dit St-Paul dans la première lecture.
Pourquoi puis-je dire ces paroles ?
C'est à cause d'une personne qu'on appelle JÉSUS. Jésus qui librement a donné sa vie en mourant sur une croix pour que nous puissions partager éternellement sa vie auprès de son Père qui est aussi notre Père. La vie continue. Oui. Mais autrement. Par contre, non moins réelle. Denis continuera d'habiter nos pensées et nos coeurs au quotidien de nos vies. Et ne nous gênons pas de lui demander son aide pour qu'il intercède pour nous auprès du Père.
L'Évangéliste Mathieu nous a rappelé tout à l'heure l'importance pour Jésus d'aimer : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit et tu aimeras ton prochain comme toi-même. Pour Jésus, l'amour c'est à la fois quelque chose de quotidien et d'éternel.
L'amour :
est ce qui fait vivre quelqu'un,
est ce qui fait travailler quelqu'un,
est ce qui nous fait entrer en relation avec l'autre,
est ce qui nous fait nous dépasser,
est ce qui nous fait être
Pour mon frère Denis,
a) sa première raison de vivre, ça été Claudette avec qui il a partagé sa vie : 38 ans en juin dernier, ça été Mathieu, son fils, et sa belle-fille Valérie et ça a été Mattys et Olivier, ses deux petits-fils. Ils étaient les amours de sa vie. Dans son coeur se retrouvaient aussi maman, ses frères et sa soeur, ses voisins et amis...
b) sa deuxième raison de vivre, ça été l'enseignement en techniques d'usinage durant 33 ans. L'enseignement est un acte de constant dévouement puisque la tâche n'est pas toujours simple. Certes que ses étudiants se rappelleront de lui comme quelqu'un de compétent et de sa patience avec eux.
Si nous regardons Jésus en croix, nous pouvons le voir nous appeler à l'amour de notre Père des cieux et de notre prochain. C'est Lui qui a dit : «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis» (Jean 15,13). Et avant de passer de la terre au ciel, la souffrance a été partie prenante de sa vie.
Denis me confiait qu'il se sentait crucifié car sa douleur était de haut en bas dans sa colonne comme le madrier derrière le corps de Jésus et de gauche à droite comme le madrier derrière les bras de Jésus. Encore aujourd'hui, Jésus, à travers nous, compatit aux personnes souffrantes.
En terminant, permettez-moi de vous lire un texte d'un prêtre français, l'abbé Joseph Folliet ;
«- je crois Seigneur qu'au bout de la nuit, il n'y a pas la nuit mais l'aurore ;
- je crois Seigneur qu'au bout de l'hiver il n'y a pas l'hiver mais le printemps ;
- je crois Seigneur qu'au bout du désespoir, il n'y a pas de désespoir mais l'espérance ;
- je crois Seigneur, qu'au bout de l'attente, il n'y a pas d'attente mais la rencontre ;
- je crois Seigneur, qu'au bout de la mort, il n'y a pas de mort mais la vie... la vie éternelle» Amen !
En terminant, dans son livre de pensées, maman a écrit ceci que je vous lis :
«Bon voyage, mon Denis ! Que Dieu te prenne sous son aile. Je t'aime»
Nous continuerons de t'aimer toujours. On se reverra un jour.
TÉMOIGNAGES
RÔLE D'UN MARI:
Denis a toujours été protecteur, généreux et amoureux. Chaque jour il avait un sourire attendrissant, une petite touche d'humour des fois pas approprié, mais la plupart du temps bien comique. Il était accueillant envers la famille et les gens qu'il aimait.
RÔLE DE PÈRE :
Papa avait toujours du temps pour m'écouter, partager ses connaissances sur le bois et l'acier.
Denis avait une grande affection pour Valérie, sa belle-fille ; il y avait une belle complicité entre eux. Les discussions, les rires faisaient partie de leur vie.
Lors de chaque départ pour Lévis, papa avait toujours la larme à l'oeil, mais la fierté qu'il avait envers Valérie et moi lui permettait de sacrifier notre présence pour que nous volions de nos propres ailes.
RÔLE DE GRAND-PÈRE :
Il aimait taquiner, faire des devinettes et raconter toutes sortes d'histoires.
Pourquoi prendre l'auto pour aller chercher une crème molle aux enfants, quand on peut prendre le tracteur à pelouse ?
RÔLE D'ENSEIGNANT :
L'enseignement pour lui n'était pas un travail, mais une passion. En 1997-1998, il a enseigné le métier de l'usinage à son fils et depuis, il l'exerce avec la même passion.
DANS LA MALADIE
Denis était une personne avec toujours beaucoup de travail et de projets devant lui. Depuis un an et demi, la maladie lui a permis de faire de nouvelles découvertes sur lui-même. Son courage acharné et la volonté de vivre lui ont donné quand même de merveilleux moments. Dans ses derniers moments, Denis a voulu faire un cadeau à Claudette : son sourire amoureux...
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