Hélène Desjardins, 1914-2010
Texte lu par Martin Blanchet, époux de Mélanie Deschênes, petite-fille d’Hélène Desjardins, lors des funérailles célébrées à Matane.
Maman, grand-maman, arrière-grand-maman, ma tante, tante Hélène, ma marraine, voilà des qualificatifs que l’on a donnés à ce petit bout de femme qui vient de nous laisser. Son départ pourrait laisser ce que certains qualifieraient d’un grand vide mais tout au contraire, elle a toujours occupé et occupera toujours une grande place dans nos cœurs. Ses souffrances sont maintenant terminées et comme elle le disait encore récemment, elle est allée rejoindre son Roméo qui l’attendait depuis longtemps.
De la famille d’Adélina et Philippe, elle est l’ainée des filles que nous avons connues. À la mort de son frère Lionel, c’est elle qui devint la doyenne de la famille Desjardins. Ce flambeau, elle le portera pendant plus de 10 ans avant de le remettre aujourd’hui à sa sœur Arthémise.
Comment résumer en quelques minutes une existence qui couvre presqu’un siècle ? Nous pourrions simplement dire qu’elle est née dans une famille nombreuse, a grandi dans un petit village, a travaillé fort pour survivre, a fondé une famille, a maîtrisé bien des métiers et finalement s’est retirée près des siens pour finir ses jours en toute quiétude.
Mais ceci serait tellement incomplet que nous devons ajouter un peu de nos souvenirs pour lui rendre hommage.
À l’automne 1938 elle épouse Roméo avec qui elle vivra presque 50 ans. Elle le rejoint à Ste Paula où elle passera 40 ans. Roméo avait déjà un petit commerce qu’il opérait depuis quelques temps. À l’automne 1947 Hélène et Roméo déménagent dans leur nouvelle maison en compagnie de leurs trois premiers enfants. C’est beaucoup plus grand et le magasin est mieux aménagé. C’est là que sont nés ses deux autres garçons. Elle aurait bien aimé avoir une fille mais elle aura plutôt 5 belle-filles qui lui offriront 13 petits-enfants.
Pour nous, ce furent de très belles années. Le climat était bien différent de celui de Matane, les printemps étaient merveilleux, les étés chauds, les petits fruits poussaient dans les champs, la forêt toute proche fournissait le petit gibier qui permettait de varier le menu. Les automnes coloraient les alentours et que dire des hivers ! Les bancs de neige étaient si hauts qu’ils touchaient au ciel. C’était le bon temps! C’était « chez-nous » et ça demeure encore « chez-nous ».
Maman était une femme de principe. Sans prendre une approche de curé en chaire qui sermonne ses paroissiens, elle avait toujours un bon mot pour nous réconforter ou nous inculquer des valeurs. Combien de fois l’ai-je entendu parler de l’importance de l’honnêteté. « Je n’ai jamais pris gros comme la tête d’une épingle qui ne m’appartenait pas » était son dicton favori à ce sujet.
Le fait de vivre avec le public qui fréquentait son petit magasin général l’a rendue connue et appréciée de tous les paroissiens de Ste-Paula (il paraît que l’on doit dire Ste-Paule maintenant !). Avec son Roméo, elle a pratiqué ce que plus tard, à l’ère des ordinateurs, on décrira comme des applications multi-tâches. Elle pouvait en effet travailler simultanément au magasin, faire la lessive (et ce n’était pas facile dans le temps), préparer les repas, prendre soin des enfants tout en s’impliquant dans les organisations paroissiales.
Elle accordait une grande importance à la qualité des relations humaines. Lorsque des problèmes se montraient, elle avait une approche certaine pour régler les conflits : « Sois sympathique aux autres » nous répétait-elle souvent.
On lui faisait confiance pour beaucoup de choses. Elle a prodigué les premiers soins à des neveux qui ne voulaient pas traumatiser leur propre mère. Des hameçons dans les doigts, des coupures aux membres et autres problèmes étaient souvent réglés par tante Hélène.
La vie n’a pas toujours été facile pour elle. Son 25 ème anniversaire de mariage a été bousculé par Dame Nature qui s’est amusée à étendre un épais manteau de neige comme cadeau inattendu à cette occasion. Plusieurs invités n’ont pas pu se rendre à la fête et son voisin immédiat, le frère de Roméo, a eu toute une aventure lors de cette tempête mémorable. Quant à son 50ème, il s’en est fallu de peu pour qu’elle puisse en jouir mais son Roméo est retourné vers son Créateur quelques mois trop tôt.
Maman a toujours été profondément croyante et fondamentalement bonne. Au magasin elle a toujours aidé les gens dans le besoin. Le crédit était souvent utilisé pour devenir plus tard la charité pour les personnes incapables de payer. Pour les gens qui décédaient avec des dettes, souvent importantes, elle se contentait de dire : s’il ne leur manque que ça pour leur permettre d’accéder au ciel, nous allons leur en faire cadeau.
Même si son Roméo aimait bien se mettre le nez dans la cuisine, elle avait tout de même quelques bons petits plats qu’elle nous mijotait pour des occasions spéciales. Le dimanche était toujours une occasion spéciale. Et que dire de ses « grand-pères » aux framboises ou de son merveilleux cipâte. Il existe toujours un concours parmi ses enfants pour trouver celui qui réussira à faire un aussi bon plat que le cipâte de maman.
L’adage qui dit : « dans les petits pots, les meilleurs onguents » s’applique bien dans son cas. Elle a surmonté bien des maladies et des bobos au cours de sa vie. Qui aurait pu prédire qu’elle se rendrait à un âge vénérable comme elle l’a fait ?
Aujourd’hui nous sommes là pour te dire MERCI !
Merci pour tout l’amour que tu nous as donné.
Merci d’avoir pris soin de nous avec tant de bonté.
Merci de nous avoir transmis des principes moraux élevés qui nous guident encore de nos jours.
Merci d’avoir été simplement MAMAN!
Tes enfants reconnaissants,
Jean-Guy (Rita Murphy)
Jean-Marc (Clothilde Tremblay)
Henri (Andréa Saint-Pierre)
Philippe (Andrée Gagnon)
Gilles (Brigitte Savard)
Partager sur Facebook