Toutes les personnes qui sont ici cet après-midi sont précieuses pour moi et ma famille parce qu'elles nous apportent leur affection, leur soutien et partagent notre peine.
Du fond du coeur, je les remercie... Tout particulièrement celles qui pendant 25, 30 et jusqu'à 35 ans ont partagé la vie de Bernard, allégé son fardeau, adouci son chagrin, soulagé ses malaises et apaisé ses peurs... Et aussi encouragé ses efforts, applaudi ses réussites et partagé ses petits bonheurs.
Harold va maintenant prendre ma place pour prêter la voix à son frère Bernard.
Solange
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Bon, maintenant, ne soyez pas surpris si, moi Bernard, je prends la place de Maman pour vous parler à mon tour. C'est impossible que je vous parle ? N'en croyez rien. Là où je suis à présent, la technologie est sans limites, sans comparaison avec celle qu'on connaît sur cette vieille boule informe et polluée qu'on appelle la terre...
Écoutez : la communication, la communion entre nous est facile, il s'agit de l'esprit, la pensée, l'énergie, la foi, tout l'kit quoi ? Je n'insiste pas, vous n'y comprendriez rien...
Laissez-moi seulement vous dire que je suis pleinement heureux.
1971 à 1987 : La Villa de l'Essor, l'institution comme certains l'appellent. Mon périple commence : des sentiers sinueux, des épines et des ronces, des marches à gravir, des ponts à traverser, des étapes à franchir. Bon voilà que je parle par images maintenant...comme maman, elle c'est sa marotte, la poésie.
Tiens pour détendre l'atmosphère, je vous raconte une petite anecdote. à la Villa, j'avais 11 ou 12 ans, un copain joueur de tours s'amusait à me faire enlever mes souliers et mes bas et allait les enfouir dans le grand carré de sable... et il riait, riait, riait... et tous les jours, il recommençait son manège. Je me laissais faire. À le voir rigoler, ça devait lui faire plaisir.
À la Villa, pendant des années et des années, j'ai connu des jeunes femmes vaillantes, dévouées, souriantes, patientes, inventives : Odette Proulx, Lise Lavoie-Gagnon, Sylvie Lechasseur, Anita Daigle, Danielle Michaud et d'autres et d'autres encore. Des gars aussi, sûrement mais ce sont les femmes dont je me souviens. Un vrai Martel quoi !
1987 : La désinstitutionalisation... la «désins» comme on dit, rue de la Sapinière, Nicole Normandeau puis Marie-Anne Proulx, Madeleine, Annette, Linda, Brigitte, Chantal, Maryse, Marie-Josée. Quel bonheur pour moi, une maison, ma chambre, mes affaires.... C'est un peu chez-moi.
Quelques années passent, 50 Arthur-Buies, Marie-Anne toujours fidèle, Lucie Morin qui s'active de bureau en résidences, qui devise, révise et supervise continuellement et celles du Centre de Jour : Carmelle, Annette, Éliane. Et moi, Bernard, le bonheur m'habite, les portes sont ouvertes comme des mains qui se tendent et le soleil qui joue sur la table accueillante. Bon ! Voilà que je rime encore, excusez-moi.
On est en 2007. Une nouvelle maison à 11 Arthur-Buies chez Madame Desjarlais, chaleureuse et confiante, le bonheur continue encore et encore.
Puis soudain, brusquement une voix qui m'appelle :
J'ai le goût de partir
L'envie de m'envoler
Plus haut que le ciel
À travers les étoiles
Une autre dimension
Là où il y a l'amour
Là où il y a la paix
Là où il y a l'osmose
Et j'emporte avec moi le souvenir précieux de ces femmes admirables qui ont grandi avec moi tout au long de ma vie. Vous toutes, je vous aime.
Si vous avez le «spleen», communiquez avec moi à 1-800-777-Ciel. Et puis non, pas besoin. Regardez le firmament et fixez mon étoile, faites-moi le plus beau sourire, je communierai avec vous... Au revoir.
Je suis votre étoile filante,
Votre fantôme d'amour
Bernard
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